| Lettre du 5 novembre 2007 |
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Cher-e-s Ami-e-s, Le prochain Forum Le Monde-Le Mans est consacré à cette question « Femme Homme : Quelles différences ? ». Voilà qui fait écho à notre prochain spectacle « le Cercle et la Spirale » où quatre comédiennes s’interrogent sur la féminité dans son rapport à l’espace, au temps et à l’autre.Dans notre construction mentale moderne occidentale, la pensée dominante pour représenter la durée est une ligne. L’arrière du temps part de l’infini et notre pauvre existence n’est qu’un petit segment de cette droite, la demi-droite du futur n’étant qu’une projection inaccessible à l’humain. Mais quand nous essayons d’imaginer ce futur, nous projetons notre conscience en avant, en visant une intention, un objet (un objectif) et cette projection nous la pensons sur une ligne, flèche qui cherche à atteindre une cible, un but. Sans doute naturellement notre vécu nous pousse, nous dirige à penser que le temps est une ligne droite, infinie dans le passé et le futur ? Pour revenir à notre première question, il se trouve aussi que notre représentation des différences entre le mouvement féminin et le masculin s’appuie sur la métaphore du cercle et de la flèche, certainement à partir de nos observations à la fois intuitive et concrète du corps de l’un et de l’autre. Les cercles se projettent dans l’espace en spirale, les flèches sur la ligne légèrement courbe d’un arc. Pourtant chacun de nous sur son petit segment de droite ou dans son petit cercle peut vivre l’expérience de ce féminin et de ce masculin, les corps féminins ou masculins savent tourner sur eux-mêmes aussi bien que courir et sauter ? Dans notre spectacle, nous posons ces questions de façon concrètes et ludiques, par le chant, la danse et des récits de fragments de vie, où les cercles, les spirales et les ressassements d’histoires personnelles sont nos outils de réflexion. Ce qui ne nous empêche pas de penser. D’ailleurs le spectacle suivant, à la fin du mois sur la ligne du temps est le premier d’un cycle consacré à la philosophie, « philosophie de chair » car elle est incarnée par deux comédiens. A chaque fois, un philosophe dialogue avec lui-même, et ensuite le public (nous, vous…) dialoguons avec ce que nous venons d’entendre. Le premier en Novembre sera Descartes et son célèbre « je pense donc je suis ». Mais cette pensée, tourne-t-elle en rond, et si elle ne tourne pas rond, est-elle droite pour autant ? Etre parce que je pense ne me dit pas qui je suis, pour cela il me faut encore penser ? Et si par malheur, je pense « ne pas être », suis-je encore ? A bientôt Pascal Larue |













